L’hypnose fascine depuis des siècles. Tantôt entourée de mystère, tantôt mal comprise, elle a longtemps été associée à des idées fausses, alors qu’elle repose aujourd’hui sur des bases sérieuses et reconnues. Pour mieux comprendre ce qu’est réellement l’hypnose moderne, il est utile de revenir sur son histoire.
Les premières formes d’hypnose
Bien avant que le mot « hypnose » n’existe, des pratiques proches étaient déjà utilisées dans l’Antiquité. En Égypte, en Grèce ou encore en Inde, des états modifiés de conscience étaient induits lors de rituels de guérison, de méditation ou de prières. Les personnes entraient dans des états de concentration profonde, favorisant le soulagement de certains maux physiques ou émotionnels.
Ces pratiques n’étaient pas appelées hypnose, mais elles reposaient déjà sur un principe fondamental : la capacité naturelle de l’esprit à se focaliser et à se transformer.
Mesmer et le magnétisme animal
Au XVIIIᵉ siècle, l’histoire de l’hypnose prend un tournant important avec Franz Anton Mesmer. Médecin allemand, Mesmer développe la théorie du « magnétisme animal ». Il pensait qu’un fluide invisible circulait dans le corps et que certains déséquilibres pouvaient provoquer des maladies.
Même si ses explications étaient erronées d’un point de vue scientifique, ses observations étaient intéressantes : certaines personnes entraient dans des états de transe et voyaient leurs symptômes s’améliorer. Le magnétisme animal sera plus tard abandonné, mais Mesmer aura ouvert la voie à l’étude des états de conscience modifiés.
La naissance du mot « hypnose »
Au XIXᵉ siècle, le médecin écossais James Braid observe que ces états ne sont pas liés à un fluide, mais à des mécanismes psychologiques. Il introduit alors le terme « hypnose », inspiré du mot grec hypnos (sommeil), même si l’on sait aujourd’hui que l’hypnose n’est pas du sommeil.
Cette période marque un changement important : l’hypnose commence à être étudiée comme un phénomène mental naturel, et non comme quelque chose de mystérieux ou magique.
Freud et l’hypnose
L’hypnose joue également un rôle clé dans l’histoire de la psychologie et de la psychanalyse, notamment grâce à Sigmund Freud.
Au début de sa carrière, Freud utilise l’hypnose pour aider ses patients à accéder à des souvenirs refoulés et à comprendre l’origine de certains symptômes. Il constate que, sous hypnose, certaines personnes peuvent exprimer des émotions ou des souvenirs difficilement accessibles à l’état conscient.
Cependant, Freud abandonnera progressivement l’hypnose. Il estime que tous les patients ne sont pas également réceptifs et développe alors la méthode de l’association libre, qui deviendra la base de la psychanalyse.
Même s’il s’en est éloigné, Freud a largement contribué à faire reconnaître l’importance de l’inconscient, un concept central également en hypnose.
L’hypnose moderne et thérapeutique
Au XXᵉ siècle, l’hypnose connaît une véritable renaissance grâce à des figures comme Milton Erickson. L’hypnose devient plus souple, plus respectueuse de la personne et de son fonctionnement propre. On ne parle plus de contrôle, mais de collaboration avec l’inconscient.
Aujourd’hui, l’hypnose est utilisée dans de nombreux domaines : gestion du stress, phobies, douleurs, confiance en soi, troubles émotionnels, accompagnement du changement… Elle repose sur un état naturel que chacun expérimente déjà au quotidien, comme lorsqu’on est absorbé par un livre ou perdu dans ses pensées.
Une pratique loin des idées reçues
Contrairement aux idées véhiculées par les spectacles ou les films, l’hypnose thérapeutique n’est ni une perte de contrôle ni une manipulation. La personne reste consciente, active et libre à chaque instant. L’hypnose permet simplement d’accéder à des ressources internes souvent sous-utilisées.
L’histoire de l’hypnose montre une chose essentielle : elle évolue avec notre compréhension de l’esprit humain. De pratique mystérieuse à outil thérapeutique reconnu, elle continue aujourd’hui d’aider de nombreuses personnes à mieux se comprendre et à changer durablement.



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