Il arrive souvent de sentir qu’une situation ne nous correspond plus vraiment. Au travail, dans la vie de couple, dans notre manière de réagir ou de communiquer. Et pourtant, malgré cette prise de conscience, le changement ne se fait pas.
Ce blocage est rarement un manque de volonté. Il est souvent lié à un mécanisme inconscient appelé le biais de statu quo. Le cerveau préfère ce qu’il connaît déjà, même lorsque cela est inconfortable. Le connu rassure, là où l’inconnu demande un effort d’adaptation et crée de l’incertitude.
Le biais de statu quo au travail : rester par habitude plutôt que par envie
Dans la vie professionnelle, ce biais se manifeste très fréquemment.
Rester dans un poste qui ne convient plus, continuer à accepter une charge mentale élevée, ou conserver une façon de travailler stressante, simplement parce que « ça a toujours été comme ça ».
Beaucoup de personnes se disent :
« Ce n’est pas idéal, mais au moins je sais à quoi m’attendre. »
Changer de poste, poser des limites, envisager une évolution ou une reconversion demande de sortir du cadre connu. Le cerveau choisit alors la stabilité apparente plutôt que le changement, même si le mal-être s’installe.
C’est un peu comme emprunter chaque jour une route encombrée et stressante, simplement parce qu’on la connaît par cœur, alors qu’une autre voie existe, inconnue mais peut-être plus fluide.
Le biais de statu quo dans la vie de couple : quand l’habitude prend le dessus
Dans la vie de couple, ce biais est tout aussi présent.
Rester dans une relation qui ne nourrit plus vraiment, éviter certaines conversations importantes, reproduire les mêmes schémas de communication ou de conflit, par peur de ce que le changement pourrait provoquer.
On peut penser :
« Si je parle, ça va créer des tensions. »
« Si je change, je risque de tout remettre en question. »
Alors on s’adapte, on fait avec, et peu à peu, l’insatisfaction devient une norme silencieuse. Comme rester assis dans un fauteuil inconfortable parce qu’on a peur de ce qu’il y aurait en se levant.
Sortir du statu quo sans se battre contre soi-même
Changer ne consiste pas à forcer ou à lutter contre soi. Le biais de statu quo agit à un niveau inconscient, là où se créent les habitudes et les automatismes. Pour que le changement soit durable, il est souvent nécessaire de s’adresser à cette partie du cerveau.
L’esprit conscient peut savoir ce qu’il veut, mais l’inconscient tient le volant. Lorsque les deux vont dans la même direction, le changement devient plus naturel, plus fluide, sans lutte intérieure.
Rester dans le statu quo donne une illusion de sécurité. Pourtant, à long terme, ne pas changer peut coûter bien plus cher que d’évoluer. Changer, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre, c’est souvent se libérer de ce qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui.



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